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13 septembre 2010

J’AI DÉJÀ BRULE "UN" CORAN !

UN HOMME A BRULE "UN" CORAN

UN CHIEN A MORDU UN HOMME


Une fois encore l’intelligence de l’American society of psychology a triomphé de l’obscurantisme des fanatiques et parfois même des non fanatiques musulmans.
Encore une fois les Etats-Unis d’Amérique démontrent la supériorité des intelligences d’un système de domination du monde fondé sur la manipulation psychologique des individus et des groupes, appuyé par un complexe militaro-industriel à la pointe de la technologie ainsi que sur l’option d’une formule de ménagement politico-financier de caractère offensif et de portée tentaculaire.
Comme toujours la stupidité du monde musulman et la carence de guidance éclairée éclatent au grand jour.

"Un fait" anodin, normal, sans aucune importance politique accomplit par "un parfait inconnu" ne représentant pas plus que sa propre tête a fait bondir une grande partie du monde musulman provoquant au passage des morts, des blessés et un cortège de dégâts de toutes sortes.
Une simple phrase laconique lâchée "négligemment" et distillée "subrepticement" à travers les médias agrémentée d’"une intervention politique" de grand niveau en "un temps" précis de grande "attente politique". « Un pasteur américain menace de brûler le coran » Voilà la phrase émise dans les circonstances que nous connaissons destinées à des récepteurs d’un type particulier et qui a produit les effets attendus.
Satisfecit sur toute la ligne.

La jubilation des écoles de psychologies américaine est à son comble. L’enivrement provoqué par « la pastille provocation » a produit l’effervescence et l’émoi psychologiques escomptés balisant, ainsi, le terrain et permettant du même coup au président américain Barack Obama de tenir le discours qu’il a livré lors de son traditionnelle adresse à la nation américaine sur l’Etat de l’union: « les USA ne seront jamais en guerre avec l’Islam » séparant ainsi l’Islam des musulmans, l’Islam de ses territoires, l’Islam de sa civilisation. Ce qui veut dire que l’Amérique peut mener une guerre en Afghanistan, peut occuper l’Irak, que l’Amérique peut installer tranquillement son hégémonie en Palestine par l’entremise de la minorité juive et décider du sort de la mosquée d’El Aqça en marginalisant la majorité musulmane, que l’Amérique peut s’arroger le droit de médiatiser un « non évènement» comme le fait pour un particulier de bruler un coran dans le seul but de susciter l’ire des foules musulmanes sans courir le risque de faire la guerre à l’Islam. C’est prodigieux !Voilà grosso-modo la « paxa-americana-type » que le président Obama propose à la Umma Islamique
La « surmédiatisation » de ce projet d’autodafé du « livre saint de l’islam » révèle, à y regarder de plus prés, un autre dessein plus emblématique qu’une simple menace de brûler un coran.
Si un coran, par exemple, avait explosé à la figure d’un pasteur qui voulait le brûler cela aurait été, à coup sûr, de l’information. Tout comme si un homme avait mordu un chien qui voulait le mordre cela aussi aurait été de l’information. Car, pour moi, il est primordial de faire la part entre Le Coran et "Un" coran.
Dire qu’un pasteur américain « menace » de brûler "Le" Coran relève de l’impossible le but recherché est limpide c’est la provocation. « Ina nahnou nazalna e zikra wa ina lahou lahafidhoun » « Que l’on sache que c’est Nous, Nous-mêmes, qui avons descendu ce Rappel (Coran) et Nous vous assurons que c’est à Nous qu’il incombe de le protéger »
Dire qu’un pasteur américain « menace » de brûler un coran qu’il a acheté dans une librairie américaine avec son propre argent (Dollars américain)suivant probablement une traduction anglaise, est une liberté naturelle. Je l’ai moi-même déjà fait lorsque mon fils à renversé malencontreusement ma tasse de café sur un exemplaire du coran que je tenais entre les mains. Mon maître coranique l’a déjà fait lui aussi lorsque le Kamil qui servait de base d’étude s’était détérioré à force de nous le passer entre nous. Tous les « wacé kat’u kamil » (psalmodieurs attitrés du saint Coran)l’ont déjà fait lorsque le kamil à force d’être lu et partagé entre « deujj et tuddu » des pages se perdent ou se détériorent la tradition des médersas ou daras oblige de bruler le kamil défectueux ou usé.
Un kamil est un simple « instrumentum » un Mis’haf du papier et de l’encre. C’est un bien marchand, commercial. Si le propriétaire d’un Boeing 747 décide de le cracher, ou de le brûler, personne au monde ne trouvera quelque chose à en dire mais s’il décide de dénigrer la qualité de la fabrication ou les performances de l’appareil à ce moment là tout le staff de Boeing se lèvera comme un seul homme et usera des voies de droit que lui reconnaissent la législation sur la propriété ainsi que la protection des ses brevets d’inventions.
Tous les attributs du droit de la propriété s’appliquent à la possession d’un coran c’est un bien meuble destructible aliénable et exploitable: j’ai acquis un bien peu importe la nature de la transaction en devenant ma propriété ce bien devient susceptible d’être aliéné, prêté ou exploité (usufruit). (Les démembrements du droit de la propriété)
Ce pasteur peut disposer de son coran comme il voudra c’est l’exercice d’une liberté élémentaire et fondamentale. Il peut faire son autodafé du coran qu’il possède en public si lois territoriales, nationales ou internationales ne le lui interdisent pas. Etant donné que tout ce qui n’est pas interdit est permis. Le meilleur sort que l’on peut réserver à un coran qui échoit entre les mains d’un pasteur de cet acabit (souillé par la haine) c’est d’être brulé. Un coran, exilé en terre de mécréance, ne peut rêver meilleur destin que celui d’être détruit. C’est la fin souhaitable à tout coran qui ne sert plus : décrétons-le et ne perturbons plus le cours tranquille de nos vies de serviteurs de Dieu à travers les hommes.Lorsque nous parlons de la sainteté du Coran, de la bible, de la Torah, de l’Évangile, de la beauté de l’Iliade et l’odyssée, d’ Autant en emporte le vent, de la Joconde, de la tour Eiffel, etc., comme des patrimoines matériels et immatériels de l’humanité c’est par rapport à l’impact spirituel, intellectuel et artistique.
Où sont les corans qui ont été écrits du temps du prophète (SAW) ou de l’époque des tabi’in ou des tabi’tabi’in ? L’usure du temps les a tous emportés. Cela a-t-il empêché que Le Coran survive et parvienne jusqu’à notre époque. Et nous sommes sûrs qu’il survivra à notre époque puisqu’il est consigné dans la lawh’oul mahfoudh. « Yallah dèncc na ko fu lakk ak yaqq agg’ul »
Entre les mains de ce pasteur égaré l’exemplaire du coran devient une simple littérature et de la paperasserie rien de plus (cela me fait penser d’ailleurs, un peu, à la situation de l’Albatros ce géant des airs dont s’inspirait le poète français C. Baudelaire, cet oiseau si beau et si majestueux dans les airs mais une fois capturé et exilé chez les hommes, subit les railleries et les moqueries de pauvres marins dépourvus de finesse d’esprit et de toute grandeur d’âme. Le cas du Coran est comparable à la situation de ce grand voyageur ailé, il se départit de toute sa Sainteté quand il est exilé parmi les mécréants car nous savons tous que Le Coran est une abstraction et comme le dit le seigneur très Haut « la yamassouhou ilal moutaharoun ». un coran n’est Saint que lorsqu’il est tenu par un esprit sain et un cœur qui rend grâces au Seigneur tout puissant. (ouloul albab ; qal bu shakir). Si un homme qui se trouve aux USA brandit une photo d’une maison que vous possédez à Dakar en menaçant de la brûler ! Qu’auriez-vous fait ? Cela aurait probablement déclenché votre hilarité ! En quoi cette situation serait-elle différente de la menace de brûler un exemplaire du saint coran ? C est là une illustration parfaite d’un cas typique de ce qu’on appelle un « attrape-nigauds » !

Quid, à présent, de la surmédiatisation ? Où se trouve la menace ? A mon sens la vraie menace ne vient pas des paroles de ce pasteur. Les Wolofs rappellent souvent, et on se rend, véritablement, compte aujourd’hui de la justesse de ce proverbe : « Ki wax, wax’ul ki joteli mo wax ! » N’a pas gaffé celui qui à parlé, c’est le propagateur, le diffuseur ou l’amplificateur qui endosse l’entière responsabilité des troubles ou dommages éventuels consécutifs à sa diffusion. Utiliser le terme « menace » dans les médias à des heures de grande écoute, utiliser à dessein l’article défini « le » coran en lieu et place de « un » coran, semer la confusion et faire se rebiffer le monde musulman ; faire oublier l’objet de la « menace » en focalisant l’attention sur l’action de menacer sachant que personne n’aime être menacé obliger les fanatiques musulmans à perturber leurs pays à geler leurs activités à paralyser l’économie, à détourner l’attention pendant un certain temps. C’est occasionner des pertes énormes à l’économie nationale et à l’entreprise privée. C’est totalement aberrant et démentiel. C’est pourtant la prouesse politique réussie par les magnats des grands groupes de presses occidentaux inspirés par les différentes écoles de psychologie américaines à l’origine de ce énième coup de maître dans l’art de la manipulation psychologique des foules fanatisées. (La grande conspiration contre l’islam en avez-vous déjà entendu parler ? affûtez vos armes car nous y sommes en plein mille !)

Par conséquent les musulmans du monde doivent s’inventer une approche nouvelle par rapport au Sacré et lire Le Coran d’une manière juste mais favorable à leurs intérêts et comprendre que la vulgate seule ne suffit pas ou il faut y adjoindre l’autre versant du binôme : la lumière. « Qad ja’kum mina lahi nouroun wa kitaboun moubin » Il (le prophète Mouhammad) vous a rapporté du Seigneur Allah une lumière et un livre probants.

Le véritable drame du monde moderne est lié au partage et à la gestion de ce legs Mohamédien. Certains se sont contentés du Livre sans donner de l’importance à la Lumière son pendant indispensable. D’autres ont privilégiés la Lumière au détriment du livre qui en constitue la conscience morale.Pour les uns c’est la quiétude et la sécurité de ne pas s’égarer par ce que liés par les limites réconfortantes et apaisantes imposées par ce qui est coincé, enveloppé par et entre les reliures du Livre (ma bayna deufeutey al mis’haf) et pour les autres c’est l’euphorie jouissive et la fascination entrainante des découvertes scientifiques par ce qu’emportés par la lumière aveuglante et sans limites d’un intellect spéculativement épuré (Ils sont tellement fascinés par « le rendement de l’Outil qu’ils en oublient l’immensité du champs » notait C.H Kane dans l’Aventure Ambiguë) C’est la métaphore de l’homme qui en baissant la tête voit la terre puis se recueille en méditant le jour où il y retournera et celle de son frère qui , levant la tête, contemple le ciel, en s’efforçant de décrocher les étoiles, persuadé que là se trouvent la clef de tous les mystères de l’univers.
Il est facile de comprendre pourquoi les occidentaux et assimilés triomphent souvent, ici bas, de tous les autres peuples: le Livre est circonstanciel et temporel alors que la Lumière est éternelle et intemporelle.

Le salut du monde moderne ne proviendra que de la réconciliation de ces deux facettes d’une même réalité. Le choc des civilisations tant redouté est quasiment inévitable, l’important à mon avis c’est d’œuvrer de sorte que quand il se produira qu’il engendre la Sérénité et le progrès. En d’autres termes La Paix non pas entre les peuples mais plutôt la Paix des peuples : Traduisez Islam en arabe. Dans cette perspective le choc menaçant ne serait plus qu’une rencontre, une copulation capable d’enfanter à terme une civilisation qui aurait les pieds enracinés dans le Livre (la foi) et la tête en pleine lumière. (La raison et l’effort)
Vivement qu’advienne ce « choc » qui avec le jeu des euphémismes devient rencontre et symbiose des civilisations et cultures mais surtout, si l’on veut rester pragmatique, transforme ce « clash » en l’affichant véritablement comme la condition « sine qua non » de la réunification et de la reconstitution de l’héritage du prophète Muhammad paix et salut sur lui ainsi que sur tous les prophètes qui l’ont précédés et qui ont tous, sans exception, reçus les agréments du Seigneur très Haut, Maître absolu des mondes et du jugement dernier.

Amen !

1 septembre 2010

GOUVERNANCE WADE LUMIERE SUR UNE PERSISTANTE CONFUSION SEMANTIQUE

Depuis la prise de fonction du chef de l’Etat Abdoulaye Wade en 2000 jusqu’à nos jours les principaux acteurs de la vie politico-médiatique du Sénégal butent invariablement sur la même difficulté : ils peinent à s’accorder sur un qualificatif, une dénomination, une étiquette à coller à l’exercice Wadienne du pouvoir. Trouver un nom à la manière de gérer le pays telle que pratiquée par le président Wade est la pierre d’achoppement à tout ceux qui débattent ou se débattent dans l’espace public sénégalais.
Et cette difficulté est, à mon sens, à l’origine du plus grand quiproquo sémantique jamais constaté dans une démocratie moderne.
Cette méprise sur la dénomination à donner de la gestion des affaires du pays pourrait même être considérée comme étant la première source de la plupart des difficultés de compréhension du régime de l’Alternance et son acceptation par ses
pourfendeurs habituels.

D’autant que cette lacune constatée dans le décryptage de l’option Wadienne de la présidence est à l’origine de toutes les critiques émises de toutes parts par les différents acteurs sociaux, politiques, syndicaux et médiatiques opposés au régime libéral au pouvoir dans notre pays depuis maintenant plus d’une décennie.
Si certains parmi les plus excités ont parlé de despotisme, de népotisme, ou même de dictature ; d’autres n’ont pas hésités à s’insurger contre ce qu’ils qualifient de comportement arrogant, hautain et bourgeois affiché par le leader charismatique et indéboulonnable du Sopi. D’autres encore ont fustigés les allusions du président relativement à son ascendance généalogique qui fait qu’il se comporterait comme un roi africain dans son royaume. On a même parlé de patrimonialisation du pouvoir par l’actuel chef de l’Etat. Et enfin on nous a servi à satiété dans les journaux, toutes presses confondues, la chronique d’un supposé projet de dévolution monarchique du pouvoir au bénéfice de son unique fils Karim Wade.

Peut-on savoir les raisons d’une si grande éclosion de qualificatifs aussi péjoratifs ? D’où provient le problème ? Quelles en sont les explications ?
On pourrait évoquer plusieurs facteurs, pour tenter de répondre à ce questionnement, au premier rang desquels on pourrait citer un déficit chronique de communication. Sachant que trop de communication tue la communication il ne s’agit donc pas de beaucoup communiquer !
Eh bien où faut il fouiller alors, comment s’y prendre d’autant qu’on dénombre un ministère de la communication, un porte-parolat attaché au gouvernement et un autre logé à la présidence, une cellule communication situé au même endroit ! Comment pourrait-on faire plus ?
Bien. Il ne s’agit pas de faire plus, il s’agit de faire mieux ! Comment ?
Eh bien comme chacun sait : Gouverner c’est prévoir ! Qui ne connait pas cet adage ?
Dire clairement aujourd’hui les difficultés futures de l’économie du pays, les prévenir, les anticiper, les rendre indolores en les administrant, associer les citoyens dans le processus décisionnel, fournir une explication de texte concernant les futures mesures impopulaires qui seront prises et l’utilité des contrôles draconiens qui s’exerceront sur les contribuables, les consommateurs ou plus généralement les citoyens. Rassurer et informer au maximum sur leurs étendues et leurs durées avec méthode, précaution et parcimonie
Personne n’est dupe que pour faire avancer un pays il faut forcément créer de nouveaux impôts, faire patienter dans les inondations, consentir des sacrifices s’il le fallait tout une génération, faire preuve de maturité et de patience démocratique, exiger la solidarité et j’en passe. Mais auparavant il faudra que les citoyens constatent, par eux-mêmes, l’intelligence du travail gouvernemental et ses retombées positives immédiates ou futures sur leur bien-être, dans leur environnement ainsi que dans leurs patrimoines personnels et collectifs. Il faut absolument mettre de la clarté et de la transparence dans les choix des décisions et orientations politiques pour faciliter l’acceptation et l’accompagnement des projets gouvernementaux par leurs destinataires ultimes.

Le « Sopisme » n’est pas qu’un simple changement de régime. C’est aussi, à certains égards, une révolution des mentalités; même si on peut estimer quelle s’est opéré dans du velours. Surtout que nous savons tous que nous le devons au pacifisme de celui qui en incarne le symbole par excellence : « je refuse de marcher sur des cadavres pour entrer au palais » avait il lancé à la face du monde. Ce message avait été clair et univoque ne laissant planer aucune possibilité d’interprétation divergente. Aujourd’hui qu’il va rentrer du palais pour aller paisiblement à sa retraite, je ne pense pas, à ce propos, qu’il veuille tellement changer d’orientation philosophique.
Je soutiens que sur ce point le parallélisme des formes et procédures sera d’autant plus respectés qu’il n’aura objectivement rien à se reprocher si l’on se réfère à l’arbitrage du peuple sur la base d’un « état des lieux » après douze années d’occupation, de détention et d’exercice pouvoir.
Ce bail que le président Abdoulaye Wade à contracté avec le peuple comporte une clause essentielle engageant les deux parties et que l’on pourrait résumer comme suit :
Pour le peuple souverain : transférer momentanément sa souveraineté à l’élu du peuple. (Théorie du mandat : Etendu : délimité en fonction du projet de société proposé, des promesses électorales et des aspirations du peuple. Durée: conforme aux dispositions constitutionnelles et/ ou législatives)
Mise à la disposition de l’élu de tous les moyens liés à la souveraineté du peuple : (Administration, droit de lever des impôts, l’armée, patrimoine. Etc.)
En résumé une obligation de fournir les moyens de réaliser les aspirations du peuple
Pour l’élu : Une obligation de résultat définie par rapport à l’étendu du mandat.
Or, au lendemain de l’élection de Mars 2000 les aspirations, les espoirs et les attentes des populations étaient sans commune mesure avec la morosité de la situation économique doublée d’une atmosphère de surchauffe et de surenchère politique occasionnée par le départ catastrophé du parti déchu.
Il fallait mettre en place un nouveau système en adéquation avec les grandes ambitions des populations sénégalaises meurtries du poids de quarante longues années de gouvernance socialiste dont les vingt dernières années passées dans un immobilisme léthargique dont on ne pouvait soustraire aucun domaine. Le marasme économique et le ras-le bol social avaient finis par avoir raison des populations en atteignant des sommets vertigineux.

Le président Abdou Diouf, comme chacun sait, ne peut revendiquer d’autres mérites que celui d’avoir administré passivement l’héritage de Senghor. Avec Diouf rien n’a bougé au point de nous avoir attiré les foudres des bailleurs de fonds étrangers. Cette situation a perduré jusqu’à l’intervention de la Banque mondiale et du FMI avec des plans d’ajustement structurels rigoureux qui ont fini par l’emporter lui et son régime en ayant au passage sapé le moral de tout un peuple. On se souvient encore des plans d’austérités Sakho-Loum à la fin des années de braises 1990

Contrairement à Diouf, Senghor, lui, avait une vraie ambition pour le pays. Il tenait à cœur de créer une nation unifiée. Malheureusement ses convictions philosophiques n’étaient pas partagées par la majorité de ses compatriotes. Son entêtement a coûté vingt précieuses années à la nation sénégalaise. Car Senghor s’est efforcé tout le long de ses mandats à tuer, par petites doses et à petit feu, le musulman et le talibé qui sont consubstantiels à nous. Pour ce faire Senghor avait lâchement maitrisé ses adversaires politiques qui se trouvaient en travers de son projet machiavélique dont peu de sénégalais avaient réussi à en humer le parfum ou à en percer les subtilités ou encore à mesurer la gravité de ses séquelles.


Heureusement, parmi ces rares sénégalais qui avaient décelé la sournoiserie du projet Senghorien, on comptait un certain Abdoulaye Wade.
Cet homme s’est battu corps et âme dans un esprit démocratique légendaire pour opérer un redressement de la trajectoire inclinée de la destinée du peuple sénégalais majoritairement musulman. Un forcing imposé par Senghor sous la dictée de l’occident chrétien. C’est ainsi qu’une fois parvenu à ses fins le président Wade à fait une déclaration historique devant le khalife général des mourides : « je vous rends le pouvoir, avait-il dit, prenez le, il est à vous. » Tous ceux qui n’avaient pas compris le combat du président Wade avaient interprété cet acte comme l’expression d’une simple allégeance au khalife mouride et l’ont taxé de manœuvre électoraliste et d’offensive de charme envers l’électorat mouride, alors qu’elle était doublée d’un message symbolique marquant un revirement essentiel et catégoriel dans l’orientation philosophique et idéologique de notre contrat social.
Désormais les choses ne se décideront plus en dehors des nombreuses et dynamiques chapelles musulmanes du pays.
Il prit la ferme résolution, dés lors, de prendre le contrepied du projet Senghorien en entamant un sarclage méticuleux de l’héritage de Senghor ; bravant toutes les hostilités et incompréhensions qui venaient même de bords inattendus.

Repassez en revu tous les projets du chef l’Etat Abdoulaye Wade et vous verrez jusque dans le plus petit détail des remises en causes, des destructions, des déconstructions (concepts) des renoncements, des détournements ainsi que des abandons de toutes les réalisations et vestiges laissés par le président Senghor à la postérité, ou gravés dans l’historiographie de la nation sénégalaise.
C’est une purge méthodique, approfondie qui touche à tout ce que Senghor avait entreprit.
« Désimpacter » dans l’imaginaire de l’intelligentsia sénégalaise ainsi que dans l’imagerie populaire toute traces matérielles ou immatérielles laissées par Senghor : tel est véritablement et essentiellement le projet politique de Maitre Wade.
Il était par conséquent naturel qu’un projet d’une telle profondeur et d’une aussi grande ampleur supposât la mise en œuvre d’un pouvoir potentiellement renforcé et qui serait de même nature, situé à la même hauteur et taillé dans les mêmes mesures que celui qui avait permis à Senghor (après avoir mis aux arrêts Valdiodio, M. Dia et compagnie) d’instaurer le sien en imposant et en imprimant sa marque de manière indélébile à la marche de notre nation : La modification de la constitution, le referendum, la substitution du système parlementaire par un régime présidentiel renforcé, le parti unique, la chasse aux opposants, la limitation des courants politiques, les emprisonnement arbitraires, les exécutions sommaires, le musèlement du peuple, limitation de la liberté d’expression, la mise en route d’un agenda de démocratisation connu de lui seul... etc.
Bref l’instauration d’une présidence impériale.
Ce fameux régime pratiqué pour la première fois aux et aux Etats-Unis d’Amérique et en France, et qui se caractérise par l’élargissement des pouvoirs et le renforcement des attributs du chef de l’exécutif. Et où les pouvoirs du président, déjà exorbitants, sont davantage exacerbés, où l’essentiel du pouvoir est concentré entre ses mains et à qui on octroi des prérogatives hypertrophiées en limitant du même coup les différents organes de contrôle de l’exécutif. Cette façon de gouverner est toujours conditionnée par des circonstances exceptionnelles ou justifié par la réalisation d’objectifs de hautes portés politiques, philosophiques ou idéologiques précis et limités dans le temps et ne prend fin qu’avec la disparition des circonstances qui l’avaient engendrées ou à la cessation des événements qui avaient justifiés sa mise en œuvre.
L’indélébilité de la marque Senghorienne avait ainsi atteint sa date limite de péremption avec la survenance de l’Alternance Wadienne.

De l’an 2000 à nos jours le Sénégal vit pour la deuxième fois de son histoire sous le régime d’une présidence impériale et cette dernière, en date, n’a d’autres ambitions que celles d’effacer les effets produits par celle qui l’avait précédée (désenghorisation).
Les acteurs politiques et les médias qui ignoraient cette raison ou qui l’ont interprétée différemment, du fait qu’ils ont été tenus à l’écart ou ont été peu informés de ce projet politique capital, ont alimenté fortement la polémique donnant naissance à la confusion sémantique la plus médiatisée de l’histoire de notre pays.

Ainsi, pour la sérénité et la richesse du débat politique : Que tout monde sache que celui qui avait refusé de marcher sur des cadavres pour accéder au pouvoir, répugnera très certainement encore davantage à en prendre congé d’une façon aussi macabre. D’autant qu’il aspire à aller vers une retraite paisible et bien plus que méritée.
L’usage serein de la plus infime once de bon sens nous aurait conduit, tous, à en être plus que persuadés.
Vive le Sénégal, stable, démocratique et pérenne !