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18 février 2016

MACKY SALL, UN DISCOURS « ATTRAPE-NIGAUDS »

I. Foutaises et balivernes,
Mr Macky Sall, c'est bien connu, est un menteur patenté, un fieffé bonimenteur c'est reconnu: il vient de démontrer à la face du monde politique et devant les électeurs sénégalais son audacieuse habileté à subvertir la vérité et à corrompre la réalité (lire mon article : Il faut punir Macky Sall http://mbackendiaye.blogspot.be/2011/07/mr-macky-sall-est-un-menteur-patente-un.html )

Dans son discours « attrape-nigauds », Macky Sall voulant esquiver, par anticipation, la clameur publique dont il était persuadé qu’elle serait consécutive à sa forfaiture, n’a pas hésité à « mouiller » le conseil constitutionnel (abrév. : C Cons) en lui faisant porter insidieusement la responsabilité de son infidélité à sa parole donnée.
Tout le monde sait que le C Cons a, entre autres, deux missions essentielles en fonction desquelles il rend des décisions ayant des effets juridiques différents suivant la nature de saisine:

a. Compétences contentieuses (juridictionnelles) Il est demandé au conseil de juger un litige ou de trancher un différend, dans tous les cas d’apprécier la recevabilité d’une contestation entre parties (un requérant et un défendeur) donnant lieu à des « arrêts » pour lesquels aucun recours n’est possible et qui s’imposent à tous. L’opposabilité impose de satisfaire à l’impératif de publication au Journal Officiel. Il s’agit, dans cette hypothèse, de décisions de justice.

b. Compétences consultatives (Conseils) Il est demandé au conseil constitutionnel de délivrer des opinions, conseils, recommandations et orientations). Il s’agit simplement d’éclairer la lanterne du gouvernement sur des projets qu’il entend réaliser dans le futur. L’exercice de cette mission donne lieu à des « avis » pour lesquels aucune obligation de conformité ne s’impose aux autorités gouvernementales qui les sollicitent elle n’est même pas assujettie à l’obligation de publicité. C’est pourquoi, les avis que le conseil constitutionnel donne aux pouvoirs publics sont généralement frappés du sceau de la confidentialité. Ils sont d’ordres internes à l’administration.

Devant préparer la réforme constitutionnelle qu’il avait promis aux sénégalais, le président était légalement tenu de solliciter l’avis du C Cons mais l’avis consécutif à cette demande ne peut en aucun cas lier le président car n’étant pas l’émanation d’une « décision contentieuse » mais d’une simple « saisine pour avis » en procédure consultative dans le cadre d’actes préparatoires d’une modification constitutionnelle


II. Lâcheté et couardise,
C’est le problème de Macky Sall de ne pas tenir ses promesses mais c’est lâche de vouloir jeter en pâture à la vindicte populaire un C Cons irréprochable, sage et consciencieux
Susciter et orienter cette vindicte populaire contre des magistrats consciencieux et vertueux est certainement et clairement le but poursuivi. L’exercice de cette sale besogne auquel s’adonne le président Macky Sall, doit passer par un « bashing » de nos 5 sages et surtout aboutir à jeter le discrédit sur une institution respectable et essentielle dans le fonctionnement de notre Démocratie.

Ah, Macky Sall que ne ferais-tu pas pour perdurer au Pouvoir ?
La communication du président s’efforce de trouver le moyen de suggérer, au Peuple de façon insidieuse, subliminal, l’idée que « Moi, Macky Sall, j’ai voulu respecter ma promesse mais c’est le C Cons qui m’en a empêché »
Au diable, Macky Sall, foutaises et balivernes !!!!
Vouloir, au prix d’un matraquage médiatique incessant, faire passer un « avis » du conseil constitutionnel pour une « décision » ou un « arrêt » en matière contentieuse donc revêtue de la force de la chose jugée, c’est comme présenter des vessies dans l’espoir que le Peuple sénégalais mature et responsable, les prendrait pour des lanternes


III. Aberrations et mouchardise
Le C Cons a statué sur « saisine consultative » et non pas « contentieuse » donc ses recommandations ou avis, dans ce cas précis, ne sont que de simples opinions, suggestions, conseils et orientations qui ne lient le gouvernement d’aucune façon.
C'est donc de manière erroné que le président Macky Sall se refèrt à l'article 92 de la constitution ayant trait uniquement aux décisions du conseil constitutionnel siégeant publiquement et contradictoirement en matière contentieuse (compétence
Juridictionnelle).

Il est donc évident que le conseil constitutionnel, en vertu de son caractère hybride à la fois une institution politique et une cour ou juridiction constitutionnelle, émet 2 types de décisions :

- Une décision non juridictionnelle lorsqu'il est saisi en mode ou procédure consultative avec 1 requérant: le gouvernement (article 51 de la constitution): dans ce cas les décisions qu'il rend sont nommées "avis" n'ayant aucune valeur juridique et ne s'imposant à personne surtout pas au président de la République encore moins au Peuple souverain.

- Une décision juridictionnelle lorsqu'il est saisit en mode ou procédure contentieuse avec 1 requérant et, à l'évidence, des parties au procès: dans ce cas de figure, les « décisions » que le conseil constitutionnel rend sont des "arrêts" revêtus de l'autorité de la chose jugée et surtout non susceptibles de recours ou de contestation d'aucune sortes.
Ainsi le président Macky Sall, par cette volte-face n'a d'autres ambitions que de berner le Peuple sénégalais en saisissant le conseil constitutionnel en mode consultatif article 51 de la constitution pour ensuite présenter la « décision » ou si vous préférez "l'avis" recueilli comme une décision juridictionnelle qu'il ne pouvait obtenir qu'aux termes d'une procédure contentieuse.

Ajoutons qu'aucune institution au monde fut-elle le conseil constitutionnel, la cour de cassation ou même la cour suprême, aucune juridiction, dis-je ne peut empêcher un homme de renoncer librement à un droit.
La renonciation à un droit et une liberté naturelle, intangible, un droit naturel garanti par les principes généraux du Droit et en vertu d'une jurisprudence constante.
Renoncer à 2 ans de "son mandat légal" de 7 ans est une liberté et un droit naturel pour Macky Sall
Pour ce faire, il eût suffit simplement qu'il écrivit au conseil constitutionnel pour l'aviser de son intention de démissionner au bout de 5 ans permettant ainsi au conseil de prendre les mesures idoines pour rendre cette volonté effective sans que l'Etat en soit paralysé pour autant en anticipant la prise de mesures conservatoires relatives à l'impératif de continuité de l'Etat déjà prévues par la constitution en cas de vacance du Pouvoir comme ce fut le cas avec la jurisprudence Senghor en 1981.
Seulement la volonté claire et constante de Macky Sall a toujours été d'embobiner le Peuple: se faisant bonne conscience sur le dos d'une institution digne et respectable. Il se dédit vertement en mettant la responsabilité cette dérobade sur le dos du conseil constitutionnel.


IV. Egoïsme et arrogance,
Le plus écœurant et le plus pathétique dans cette affaire c’est que de toutes les « promesses » de réformes constitutionnelles, tant vantées et martelées à satiété par le candidat puis le président élu Macky Sall, une et une seule avait une portée individuelle, ne concernant que lui et lui tout seul : la réduction de son mandat de 7 à 5 ans.
Macky Sall n'a pas voulu la subir et a refusé effrontément, en direct à la télévision nationale devant tout le Peuple sénégalais, de se l'appliquer
Toutes les autres « promesses » de réformes ont des portées générales et s'appliquent à d’autres institutions et à nous, le Peuple souverain : Allons-nous accepter qu'il nous les applique ?
Peut être que pour Macky Sall, aussi, les promesses n'engagent que ceux qui y croient
Tout l’intérêt de la polémique est là
kann mooy nangou niakk fayda : le Peuple souverain ou le président élu ?
Seulement, Macky, lui, a déjà donné sa réponse et elle est cinglante, sans appel !!!!
Quid de la riposte du Peuple souverain à présent ?
Mbedj’um kanam boroom’a koy fajjal bop’am !!!!
Et ce n’est sûrement pas au Peuple sénégalais qu’on va dicter l’attitude à adopter ou la démarche à suivre face un outrage public de cette envergure ni à se dresser pour prendre ses responsabilités en de pareilles circonstances !!!!
Alors, monsieur le président, sachez que le seul nigaud dans ce pays c’est vous, par le simple fait que vous êtes seul à croire à vos propres balivernes !!!!

Tenez- vous le bien pour dit !!!!

25 janvier 2015

DESAMORCER LA TERREUR !

Une des vérités simples que j’ai pu tirer des rares disputes que j’ai parfois avec ma femme, une fois les esprits calmés, c’est qu’on ne doit pas sous estimer la douleur d’autrui, à fortiori, lorsque nous en sommes nous-mêmes les principaux auteurs.
Autrement dit lorsqu’une personne choisit d’exprimer sa douleur ne vous étonnez pas de la façon dont elle l’extériorise, cette extériorisation est une liberté. C'est même une liberté vitale et elle donne la mesure même de la profondeur de la blessure infligée.
Quid de la proportionnalité ? Pourriez-vous me rétorquer. Quelle devrait être la mesure de la riposte, On n’écrase quand même pas une mouche avec un bulldozer, c'est insensé me diriez vous; ce n’est pas proportionnel vous indigneriez vous, sûrement !
C’est vrai mutatis mutandis
A ce stade me revient à l’esprit un vieux proverbe maure qu’une de nos maitresses à l’école I du Ksar à Nouakchott Mme Diop nous assénait à chaque fois que nous en venions aux mains suites à des moqueries verbales de certains de nos camarades :
« el lissaane bil lissaane wal yed makrouva » En gros cela signifiait ceci « Aussi longtemps que la parole peut répondre à la parole, les bras doivent restés croisés »
Toutes choses égales par ailleurs...........
Les musulmans se sentent blessés, traqués et humiliés
-Blessés par les médias : la désinformation fait rage, Charlie Hebdo, l'exemple type, n'en est que la face émergée
-Traqués par la police : le délit de faciès et la suspicion se précisent autours de tout ce qui s’apparente à l’islam ou à un musulman : patronyme, visage, accoutrement, lieux de cultes, lieux de commerces, etc.
-Humiliés par les terroristes qui scandent le nom du prophète Mohamed et vocifèrent des « Allah’u Akbar » en versant le sang d’innocentes victimes.
Tant d'incompréhensions tant d'ignorances réciproques, tant de mépris et de violence gratuites alors que tout est pris en charge par le Droit et les principes généraux de la bonne gouvernance démocratique.
La Démocratie, en effet, ouvre un espace normé qui régule la vie des citoyens par l’observance, par eux, de règles communes.
On ne peut donc pas dans cet espace conventionné tolérer l’usage d’armes non conventionnelles.
Les journalistes de Charlie Hebdo sont des victimes et on ne peut même pas dire qu’ils l’ont cherché. Par ce qu’ils s’exprimaient dans un espace qui autorisait même le blasphème: entendu que tout ce qui n’est pas interdit est permis sous réserve, bien entendu, de responsabilité car le métier de journaliste est indissociable du principe de responsabilité.
L’attitude de ce journal vis-à-vis de l’islam n’a pas toujours été exempte de tous reproches
Charlie Hebdo a toujours entretenu le flou, il a embroché et joué avec la foi d’autrui dans un objectif non pas de dérision, (ce qui serait tout à fait compréhensible pour un journal satirique, pensons-nous), mais pour des motivations partisanes liées à un combat politique d’avant-garde. Ce n’était pas là son rôle !
Cependant, rien ne saurait jamais justifier pareille surenchère, cette tuerie était ce qu’il y’a de plus rébarbatif, de plus ignoble qui soit nous la condamnons sans réserve aucune !
Charlie Hebdo a voulu substituer au mot islam le vocable islamisme, il a voulu les confondre en une seule unité de sens ! C’était cela la dangerosité de cet hebdomadaire satirique français ! C’était cela la violence non armée dont faisait preuve ledit journal.

En effet, pour nous l'islamophobe n'est pas celui qui n'aime pas ou qui rejette l'islam (libre à quiconque de croire ou de ne pas croire) mais celui qui prête à cette religion les caractères que lui attribuent les islamistes radicaux. C’est, justement, la tâche à laquelle s’évertuaient Charb et consorts
Comment peut-il y avoir d'islamophobie dans un pays qui consacre la liberté de culte et où l’islam constitue depuis plus d’un demi-siècle la deuxième religion. Ce qu'il y'a, à vrai dire, c'est l’angoisse à l'idée que la terreur et la méfiance plébiscitées par certains éléments déviants supplantent la présomption de bon voisinage qui devrait être de mise dans l'élaboration de la citoyenneté nationale, dans la confection de la charte de la laïcité et dans la construction de la cohésion nationale.
Charlie Hebdo et les islamistes voulaient subvertir cette donne essentielle.
Maintenant l’Etat français, qui a le monopole de l’usage de la violence légitime, va reprendre les cartes en mains. Et tous nous devons être unis contre l'intrusion de la violence illégitime de quelque nature et de quelques bords qu'elle provienne (intellectuelle ou physique) dans le fonctionnement du dialogue social que l’Etat tente de réinstaurer en ce moment.
Les forces vives de la nation ne peuvent s’ignorer dans la lutte contre le terrorisme armé ou non armé car si le terrorisme armé tue violemment celui non armé, beaucoup plus insidieux, sape et ravage les fondements mêmes de la commune volonté de vivre en commun.
Le terrorisme non armé incarné par Charlie Hebdo est donc, à bien des égards, éminemment plus nocif qu'aucune autre forme de violence même armée.
Le collapse du monde musulman est une preuve patente de la nocivité extrême de ce terrorisme non armé
Pendant longtemps Charlie Hebdo a travaillé et versé dans le registre de la peur sachant qu’elle devait conduire inéluctablement à la haine du musulman et de l’islam. Le matraquage médiatique incessant orchestré par ce journal aux plans national et international avec une thématique unique et exclusive centrée sur l’islamophobie avait pour ambition unique de susciter une peur et un rejet irascibles de la composante musulmane de la société française.
La peur est une attitude passive, subie c’était l’œuvre des médias tandis que la haine est le fruit d'un comportement actif voulu et entretenu à des fins de nuisances proclamées ou tues. C’était le rôle des forces politiques extrémistes. Celui qui a peur ne demande qu’à être débarrassé de l'objet de sa phobie tandis que celui qui nourrit une haine ne rêve que de voir l'objet de sa haine anéanti. Cette combinaison devait avoir pour effet de débarrasser la France de toute sa composante arabo musulmane. L’association de l’islam et du terrorisme constituait à leurs yeux le cocktail explosif qui devait permettre d’atteindre cet objectif éhonté, sans aucun coup férir.

La question importante à mon sens est de savoir quelle va être l’attitude du gouvernement français pour sarcler le champ social des éléments politiques nuisibles qui attisent la haine et faire place aux engrais qui atrophient et enrayent les facteurs qui justifient la phobie.
Dans la perspective de comprendre les causes de la crise actuelle, il est clair que l'on devrait s'attarder beaucoup sur l'ignorance, la pauvreté mais prendre, davantage au sérieux, l'angoisse eschatologique des occidentaux préoccupés par les pressants enjeux de la démographie et donc de la démocratie qui conditionnent les impératifs liés à la qualité de vie choyée et visée par les uns et abhorrée et combattue par les autres.
Il revient, in fine, à l’Etat de prendre la juste mesure de la situation actuelle et de s’engager résolument dans la voie de règlement de la crise en usant de toute son autorité sans jamais se départir, d'un rien, de sa grande générosité.