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26 juin 2011

"RETIRER" N'EST PAS "DEGAGER"

«Louanges au peuple sénégalais!» pour sa grandeur et sa maturité politique.
Exigeant, mesuré et concis dans sa démarche : Nous ne voulons pas, à l’approche des élections, d’une loi qui change les règles du jeu en cours de jeu. (Lire mon texte : «Ticket présidentiel : Plan ou Implant ?». Nous voulons bien élire notre président de la république (plus de 50 pour cent des suffrages)

Message, on ne peut plus clair, délivré avec une détermination et une lucidité sans failles.
Aussi bien le Gouvernement, l’Opposition que la Société civile l’ont appris à leurs dépens. Le premier pour s’en désoler les deux autres pour déchanter!

En effet, devant la ferme résolution de la jeunesse, le Pouvoir avait quelque peu
paniqué et avait redouté le pire face à l’éventualité d’un amalgame entre retirer une loi impopulaire et désavouer la politique générale d’un Gouvernement : C’est que le spectre d’un débordement «en mode saison : Printemps ou Été, c'est selon, n’est jamais bien loin».

La tentative de « holdup » de l’Opposition a été déjouée avec sagacité et
détermination.

Tout comme « tuer n’est pas jouer », « retirer n’est pas dégager » le peuple sans ambiguïté a voulu être clair là-dessus. Sitôt la mission accomplie les jeunes se sont retirés et sont rentrés tranquillement chez eux attendant avec sérénité le 26 février 2012 pour s’acquitter dignement de leur devoir civique avec la même opiniâtreté.
Aux gesticulations et manœuvres jubilatoires de l’Opposition d’opérer de manière sournoise un glissement sémantique, le brave peuple a répondu avec dédain et hauteur, se dispersant calmement pour vaquer à ses autres occupations.
En résistant au piège tendu par l’Opposition (effet d’entrainement), le peuple a montré son sens élevé de la mesure avec un esprit de discernement conséquent et responsable démontrant de ce fait son attachement à la stabilité politique et à l’exigence d’une transition démocratique apaisée.

Quelle leçon de civisme, de citoyenneté et de patriotisme administrée au monde entier en cette journée du 23 Juin 2011 par cette belle jeunesse sénégalaise.
Le peuple sénégalais est "un peuple leader" dans tous les combats pour la Démocratie et la légalité républicaine. Il s’est toujours illustré au bon moment et de la plus belle manière chaque fois que de besoin.
C’est ce qu’il a fait devant son Parlement en toute souveraineté.
Le reste n’est rien de plus qu’un épisode d’un feuilleton de téléréalité dont ont
été protagonistes exclusifs, les députés du groupe parlementaire majoritaire à
l’Assemblée nationale sénégalaise.
La science politique sénégalaise et mondiale s’est enrichie à cette occasion d’un
vocabulaire nouveau : le masochisme politique (version séance plénière).
Tout seul dans l’enceinte de l’hémicycle, le groupe parlementaire libéral, sous l’égide de Doudou Wade et de Maitre Babou, s’est laissé aller devant les téléspectateurs de la télévision nationale à une séance d’auto-flagellation d’une violence indescriptible.
Chacun s’en donnant à cœur joie dans l’escalade du plaisir dans la délation, dans l’auto dérision et dans l’auto avilissement, comme s’il n’était pas possible à ces comédiens d’un jour, de rejeter ce projet en toute discrétion en signifiant avec fermeté (en interne) loin des
cameras, aux camarades du gouvernement toute la charge émotionnelle négative et
défavorable contenue dans cette mesure.
Si cela n’est pas une conspiration ça l’y ressemble à s’y méprendre.
L’impardonnable et très arrogant Moussa Sy, anti heros par excellence: jouant au Zorro contre son propre
camp avec un talent tellement inouï qu’un de ses collègues surpris par cette soudaine énergie, lui cracha à la figure en lui reprochant que s’il s’était investi avec le même talent lors des locales de 2009 il n’aurait sûrement jamais été en ballotage (défavorable d’ailleurs) avec le novice en politique de surcroît piètre chanteur qu’est Demba Dia.

La politique n’étant pas un jeu à somme nulle on peut toujours comprendre les tentatives de récupérations de part et d’autre, des uns et des autres ce n’est pas un mal en soi (Société civile, Marabouts, Opposition, Pouvoir, etc.) mais la seule vérité constante en cette journée mémorable reste celle-ci : le peuple demeure le seul maître du jeu et il n’entend être abusé par personne.

Qui en cette date du 23 juin 2011 au Sénégal et dans le monde, ne l’a pas appris, les uns à leurs dépens, les autres à leurs comptes?

Vive le Sénégal, Vive la Jeunesse sénégalaise, vive la Démocratie.

21 juin 2011

TICKET PRESIDENTIEL : PLAN OU IMPLANT

Beaucoup, dans l’opposition sénégalaise, ont senti dans la dernière trouvaille présidentielle les relents forts d’un plan en catimini de succession du pouvoir par désignation ou par adoubement si vous préférez une expression tirée du vocabulaire médiéval.
Cette opinion procède, selon toute vraisemblance, d’une déduction que je résumerais, si vous le permettez, en une formule simple : « la dialectique du pavillon et de la marchandise » Abdoulaye Wade serait, grâce à son bilan, un candidat redoutable mais qui s’abrite sous un pavillon délabré qui ne couvre pas totalement la bonne marchandise qu’il est. C’est pourquoi, par l’entremise d’un argument certes fallacieux mais non moins pertinent (l’âge avancé du candidat- président) on veut disqualifier le chef historique et emblématique du PDS.
Sachant qu’avec le nouveau projet de loi cet argument tant agité par les détracteurs du président tombe lamentablement en déshérence. Que ne faudrait-il pas faire, alors, pour s’assurer de sa non effectivité ? Alors certains se sont attelés à rechercher une parade à son exécution par tous les moyens y compris l’agitation d’une menace de dénonciation chez les puissances étrangères qui malheureusement ne votent pas chez nous. Une dénonciation auprès de l’électorat sénégalais serait, à mon avis, beaucoup plus pertinente. C’est pourquoi il faudra accueillir avec beaucoup moins d’arrogance les arguments que tentent de faire valoir, vaillamment, d’autres segments de l’opposition sénégalaise. Certains essayent d’incriminer la promiscuité de ces deux occurrences.
En effet le temps qui abrite l’implémentation de toute nouvelles disposition ou formulation constitutionnelle produit, dans un Etat de droit, un impact sociopolitique de l’envergure de l’acte et de l’objectif visé.
Mettre sur la table du parlement un projet de loi touchant à l’institution la plus enviable de la république à moins de huit mois de l’élection la plus convoitée, donne à ce projet, qu’on le veuille ou non, une dimension exclusivement politique.
Les protestations ainsi que la levée de boucliers généralisées que l’implant du « ticket présidentiel » dans l’architecture constitutionnelle a suscité au sein de la classe politique sénégalaise, me semblent bien à propos et surtout forts justifiées ; Non pas que l’acte posé soit, intrinsèquement illégal, pas le moins du monde mais que le moment de sa survenance soit éminemment politique : quels que soient les commentaires laudatifs ou émerveillés de la majorité présidentielle le qualifiant de « coup de maître » ou de « coup de génie » on ne peut enlever à l’opposition son droit légitime de crier au scandale car il s’agit là, bel et bien, d’un « coup fourré » à quelques encablures de l’échéance fatidique du 26 février 2012
La prise en compte du temps et du contexte (la dimension temporelle) dans le processus électoral en Afrique traduit de la part des auteurs du protocole additionnel de la charte africaine de la bonne gouvernance et de la Démocratie un souci de rationalisation et pacification de ces moments délicats et transitoires dans le vécu démocratique des jeunes nations africaines qui composent la CDEAO.

L’instauration d’un délai de 6 mois, en plus d’avoir une valeur relative, constitue surtout une charnière butoir. C'est-à-dire que ce délai exprime un principe général de droit relatif au caractère « raisonnable » des délais. L’esprit et la lettre de cette disposition communautaire s’entendent ainsi : on ne doit pas changer les règles du jeu en cours de jeu, à fortiori, à six mois des échéances électorales. C’est cela le bon sens et non pas : on peut toujours changer les règles du jeu en cours du jeu jusqu'à six mois avant les échéances électorales. Pour une plus grande compréhension nous citerons l’exemple suivant : il est interdit de faire du bruit au-delà de 18 heures dans un hôpital. L’interdiction de principe consiste à ne pas faire du bruit dans un hôpital. Au-delà de 18 heures l’interdiction devient contraignante. La date butoir n’est qu’un renforcement de cette prohibition c'est-à-dire « à plus forte raison » après cette heure limite. (Raisonnement à fortiori) Méconnaître ce mécanisme juridique de raisonnement serait contraire aux objectifs d’impartialité et d’égalité des chances qui sous-tendent à toute compétition démocratique.
Le contexte de pré campagne que cette disposition vise à cerner est variable d’un pays à l’autre d’une élection à l’autre. Or au Sénégal tout le monde sait que cette période est déjà ouverte depuis plus d’un an. D’où le caractère plus ou moins polémique, je dirais même dérangeant de cette mesure.

Cependant, l’adoption de cette loi par le parlement ne préjugera ni ne favorisera, en aucune façon, la victoire de la liste du PDS, bien au contraire elle donne au peuple sénégalais la possibilité de renforcer ses institutions en distribuant davantage le pouvoir à différents organes qui s’autolimitent rigoureusement. C’est en définitive un renforcement du principe selon lequel « il faut que le pouvoir arrête le pouvoir »

Une opposition plus intelligente aurait sans nul doute soutenu et applaudit des deux mains cette initiative gouvernementale en veillant à en tirer un maximum de profit. Un amendement efficace par l’ajout de dispositions permettant de départager dans la même élection l’ordre d’arrivée des candidats d’une même liste en est par exemple une possibilité latente.
En effet on peut introduire dans le code électoral un mécanisme qui permet aux électeurs de désigner nominativement sur une même liste les personnes qu’ils souhaitent voir occuper telle ou telle fonction dans l‘ordre de leur choix.
Ainsi les électeurs de Benno pourront choisir qui de Tanor ou de Niasse par exemple occupera le poste de président ou de vice président au cours de la même élection.
Tous les candidats auront ainsi la possibilité de se jauger et d’être édifiés sur leurs poids électoral respectifs; ce sera une loi qu’on pourrait rebaptiser péssékaay : C’est le cas de la Belgique pour l’élection du premier ministre ou chef du gouvernement(voix préférentielles)

La multi angularité de ce projet de loi gouvernementale permet, on le voit bien, de régler et de consacrer la bipolarisation de notre système politique : il y’a d’un côté la majorité présidentielle composée du PDS et des partis alliés et de l’autre les partis d’opposition regroupés autour de Benno Siggil Sénégaal.
Par conséquent c’est une loi qui, si elle est bien amendée, aura, au moins, le mérite de régler définitivement la bataille du leadership et de la légitimité populaires au sein des différentes coalitions.

Pour nous les citoyens et électeurs de tous bords cet implant constitutionnel, ce challenge démocratique lancé par le chef de l’Etat constituera, réellement, un approfondissement de l’Etat de Droit et une bonne avancée politique dans l’apprentissage et la pratique démocratique.

Ticket presidentiel: Okay, that is it