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9 novembre 2008

L'AFRO-AMERICANISME OU LA PROPHETIE DE DAVID DIOP

"Je reconnais la signification particulière que cette victoire a pour les Noirs américains, la fierté qui doit être la leur ce soir " J. Mc Caïn

Afrique
Afrique mon Afrique
Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales
Afrique que chante ma grand-mère
Au bord de son fleuve lointain
Je ne t'ai jamais connue
Mais mon regard est plein de ton sang
Ton beau sang noir à travers les champs répandu
Le sang de ta sueur
La sueur de ton travail
Le travail de I' esclavage
L'esclavage de tes enfants
Afrique dis-moi Afrique
Est-ce donc toi ce dos qui se courbe
Et se couche sous le poids de l’humilité
Ce dos tremblant à zébrures rouges
Qui dit oui au fouet sur les routes de midi
Alors gravement une voix me répondit
……….

. David DIOP, Coups de pilon Présence Africaine, 1956.

Get respected like a human being or die, as an animal, struggling for it!

Un Noir
, (à ce stade très peu m’importe son nom !) vient d’être porté à la tête des Etats-Unis d’Amérique !

Je répète "un afro-américain" vient de gagner les élections présidentielles du 04 Novembre 2008 aux U.S.A!

Je vous assure que nous ne sommes pas sous l’emprise de produits hallucinogènes dont l’effet hypnotique, après inhalation, aurait occasionné chez nous "collectivement" des troubles symptomatiques connus tels que délires, spasmes, ou sensations lacrymogènes. Encore moins sommes-nous, debout, en proie à une de ces belles visions eidétiques qui s’emparent parfois de nous pendant que nous sommes plongés dans de vagues pensées ou spéculations nostalgiques. "Pincez- vous" si vous doutez encore de mes paroles ou de vous mêmes, ou alors de ce que vous auriez vécu, entendu et vu à travers les différentes chaines de télévisions du monde entier! Plus qu’une victoire ce fut une révolution électorale : le triomphe est plus que complet : IL EST PARFAIT. Simplement par ce que ce qui était inimaginable, impensable juste quelques années auparavant est brusquement devenu réalité : L’Amérique avoue et accepte son africanité. LA REVOLUTION S'EST PRODUITE A TRAVERS LES URNES. C'EST UNE PREMIERE MONDIALE Parfait !

Tout fut parfait
durant le long parcours de ce "Peuple Noir" vers la Libération (lutte anti esclavagiste), l’Egalité (le combat des droits civils et civiques) et l'Elitisme (la reconnaissance de la "capacité" à endosser des fonctions de "conception et de direction"). On pourrait aussi, pour résumer ce long processus d’émancipation, faire, métaphoriquement, le parallèle avec la vie d’un être humain comme l’a fait le poète sénégalais David Diop avec « l’Arbre qui pousse » : « conception et enfantement » dans la douleur et la souffrance, puis « enfance et adolescence » dans la révolte et la rébellion et enfin « maturité et majorité » dans la responsabilisation et l'accession au pouvoir politique.
C’est ce qui explique les propos remplis d’histoire du challenger malheureux que fût J.Mc Cain : "Je reconnais la signification particulière que cette victoire a pour les Noirs américains, la fierté qui doit être la leur ce soir." Tout est dit pour qui connait bien l’histoire admirable de ce "Peuple Noir".
"Caïn avoue ses péchés à son frère Abel", Il lui concède sa "Victoire" : C’est à la fois sublimement Biblique et Coranique !
C’est aussi et de loin, la meilleure forme de REPENTANCE qui nous a été adressée jusqu'à présent.

"La fierté" du "Peuple Noir d’Amérique" fut si immense, si incommensurable qu’elle ne tarda pas à déborder les frontières de l’Amérique touchant, pour ainsi dire, l’humanité dans son ensemble. Non pas que l’élection du président du pays le puissant du monde intéresse tous les terriens par les imbrications spectaculaires qui tiennent à des raisons bien connues de la Globalisation mais du fait que cette élection là est le « happy end » l’aboutissement d’une tragédie barbare qui ne fut, malheureusement, jamais comique et qui commença avec la découverte de cette terre d’Amérique par les européens en 1492.

On ne peut apprécier véritablement le goût du triomphe que savoure aujourd’hui « le Peuple Noir d’Amérique », qu’en ayant en même temps présent devant nos yeux l’image des "esclaves noirs" débarquant sur cette même terre inconnue d’eux, poings et pieds liés face à l’image de cet autre "Noir" (Barack Obama) apparaissant sur les écrans télévisions du monde entier comme le 44eme président des Etats-Unis d’Amérique. Il faut arriver à figer le Temps dans cette posture là : C’est l’image fixe qui occupe mon esprit et refuse tout mouvement : image eidétique.

"Ceux" qui les avaient ainsi "enchainés" pouvaient-ils avoir savoir ou avoir ne serait-ce qu’un brin de soupçon, qu’un jour lointain, leurs arrières, arrières petits enfants choisiraient , parmi ce peuple longtemps bafoué et méprisé, un homme pour présider aux destinées de cette nation et qu’ils considéreraient comme le chef suprême de leur pays ?

ADMIRABLE, ce "Peuple Noir", il est extraordinaire de ténacité, de pugnacité et d’abnégation! Que serait devenu l’Amérique sans ce "Peuple noir" ? Serait-elle devenue ce qu’elle est aujourd’hui : LA NATION LA PLUS RICHE, la première Puissance économique et militaire mondiale? En tête dans tous les domaines. Sans "cet apport non rémunéré" de ce "Peuple Noir" durant des siècles et des siècles d’esclavage, de travaux forcés, de sacrifices de toutes sortes et de toutes natures, sans cette possibilité de création et d’accumulation effrénée de richesses, l’Amérique n’aurait jamais dépassé l’Europe, et n’aurait jamais songé à développer des prétentions hégémoniques d’aucune sorte sur le reste du monde. Ce Peuple longtemps "maintenu" et tenu à l’écart de toute redistribution de richesse de tout investissement Etatique, ce peuple usé, abusé et utilisé comme "une matière première" dont on ne tenait compte que lorsqu’il s’agissait de l’exploiter, il était nié lorsque venait le moment de répartir la richesse nationale ainsi produite "gratuitement" par son travail et par ses efforts.
C’est ce qui explique que l’Amérique soit toujours resté attachée aux « Idéologies Ultra-libérales »
Sans cette négation, sans cette non prise en compte du "travail du Noir" dans les calculs de la répartition de la richesse, l’Amérique n’existerait certainement pas : ni dans sa configuration démographique ni dans sa physionomie culturelle et civilisationelle actuelle.

Toute l’histoire du pays se confond avec les peines et les joies, les souffrances et les espoirs du ce "Peuple noir" ondulant entre bravoure et perfection ; obtenant toujours ce qu’il réclamait ou revendiquait dans la lutte sans relâche, sans cesse recommencée. Depuis le moment des "adieux douloureux et forcés" du départ de L’Afrique sous les yeux hagards et impuissants de ceux qui sont restés, ces hommes et ces femmes n’ont pas eu un seul instant de répit.
Ces valeureux fils de l’Afrique, arrachés à leur terre maternelle d’origine, poings et pieds liés, et qui de ce seul fait furent rebaptisés "esclaves", n’ont jamais accepté cette condition de sous hommes à laquelle les destinait le système dégradant de l’esclavagisme Blanc.

Ces hommes au "passé décomposé" ce peuple brave dut lutter avec une persévérance jamais égalée, en conjuguant des trésors d’efforts pour "recomposer un futur" à la hauteur de leur dignité perdue et de leur Liberté d’origines. C’est en s’accrochant sans relâche à cet "idéal" et en développant un courage inouï et tout seul sans « arrière pays » auquel ils pourraient tenter de s’adosser ou même espérer, de sa part, une aide quelconque, que ce Peuple a fondé tous ses espoirs pour reconquérir sa Liberté et sa Dignité volées. Contrairement à la composante blanche (Euro-américaine), qui continuait a bénéficier de la complicité et du soutien constants et indéfectibles de l’Europe. En fait l’Amérique Blanche n’a jamais cessé de n’être que le prolongement de l’Europe : ce que l’Afrique n’a jamais été pour l’Amérique Noire.

Privé de tout « soutien » de la Mère-Patrie, toujours à la recherche de la Perfection la plus complète, ce « Peuple » fut amené par la force des choses à secréter ses propres héros, à générer ses propres moyens de subsistances, sa propre langue et ses propres rêves.
Le fameux "american dream" à l'origine "black american dream" n’est en fait que l’espoir sans cesse "entretenu" et "légué de père en fils", d’une "génération à l’autre" d’un "leader à un autre" par ces "Noirs déracinés" en quête d’un "Paradis perdu", d’un "Passé puissant" et glorieux, d’une "Patrie prospère", vaste et accueillante.
Cette quête des "3P"(PAIX) restera une constante dans les combats de tous les « Mouvements de revendications Noirs ». L’instinct de survie et de conservation furent portés à leurs limites les plus extrêmes pour atteindre ce but ; n’abondant rien, conquérant tout par la force de l’esprit et des bras. N’acceptant jamais de "faire" quelque chose comme le "fait" ou l’aurait "fait" le « maitre blanc ». "Dédaigneux" de toute activité ou posture qui pouvaient donner l’impression d’imiter le "maitre".
Combien de fois n’a-t-on pas entendu de la bouche des esclavagistes cette phrase devenue "courante" dans toutes les conversations de famille, dans les hauts lieux de décisions, dans les centres de réflexion, dans les bureaux de l’Administration, dans les cercles de commandements des Armées, dans les usines, sur les terrains de sport, partout où des Noirs devaient assumer des tâches, on disait avec lassitude et regrets : "laissez-les faire, ils ont leurs manières particulières de voir ou d’agir ou même de réagir", "ils font tout pour être différents de nous". Cette "Black american touch", devenue "American touch", cette profonde sensibilité, cette façon de braver le danger, cet amour et cet attachement viscéral à la vie, cette défiance indifférente face à la mort, cette volonté inébranlable de rester « authentique » malgré tous « les efforts d’assimilation », toutes « les tentatives d’acculturation » ce peuple est resté admirablement fidèle à lui même. Il sera admiré, imité, calqué, copié par tous les mouvements de luttes à travers le monde : Israël, Palestine, Vietnam, Inde, Chine, Egypte, Afghanistan, Albanie, etc.

Parfaits dans les plantations de coton ou de canne à sucre, braves et courageux dans toutes les guerres engagées par l’Amérique, redoutables dans l’adversité mais également généreux dans le pardon, miséricordieux dans la réconciliation, ces Noirs d’Amérique ont toujours recherché la Perfection dans tout ce qu’ils entreprenaient. Dans tous les domaines (musique, art culture, science, technologie, sport, rapports familiaux, communauté, conscience nationale tout, absolument tout!), ils ont su inventer, innover, adapter, s’adapter à l’environnement naturel, faire face au bellicisme des hommes et gagner la rivalité des cultures.

Coupés de leurs racines ils surent tout reconstruire dans la dignité de la lutte, dans l’abnégation à la tâche pour que "Demain" les vestiges de leur histoire témoignent pour eux devant leurs enfants, leurs petits enfants et leurs arrières, arrières petits enfants.

Ce triomphe du 04 Novembre 2008 n’est pas celui d’Obama encore moins celui du parti Démocrate ; l’un et l’autre n’ont été que de simples "instruments" taillés, façonnés et travaillés par ce "fait Noir", labourés par cette longue lutte du "Peuple Noir" tentant de survivre dans ce milieu où tout leur était hostile. Trainant de lourdes chaînes aux cous, aux poings et aux pieds, une mémoire effacée, ils renaîtront de la plus belle des façons et, sans complexes, ils administrèrent au monde entier une belle leçon d’optimisme de courage et d’espérance. Ceux qui connaissent l’histoire admirable de ce Peuple Noir et en maîtrisent les ressorts savent pertinemment que lorsqu' Obama dit "Yes, We can"! il ne s’adresse nullement aux "électeurs américains".
Ces « slogans » sont au dessus de lui. Ce sont eux qui ont fait de lui ce qu’il est devenu aujourd’hui. Ces "Paroles", Obama les a entendues et les a restituées telles qu’il les avait entendues se transmettre au sein de la communauté Noire. Ces "Paroles", Obama les a diffusées machinalement à l’image d’un maître Coranique déclamant des "versets bénis" du Saint Livre. Ces "Paroles" ont longtemps et toujours été le "leitmotiv", le cri de guerre de tous" les leaders Noirs" dans toutes les situations de défis.
Revivons ensemble dans le recueillement le plus total et le souvenir le plus complet, tous ces grands moments de Lutte du "Peuple Noir d’Amérique":
· Peut-on s’échapper de la "Plantation" : Yes, We can!
· Peut-on briser les chaînes de l’esclavage ? Yes, We can!
· Peut-on gagner la bataille des Droits civiques et Civils ? Yes, We can!
· Peut-on faire mieux qu’un régiment de blindés de l’armée de terre américaine ? Yes, We can!
· Peut-on faire mieux que la meilleure escadrille de pilotes de chasse de l’aviation américaine ? : Yes, We can!
· Peut-on relever les défis du fondateur des jeux olympique à travers sa célèbre devise : plus loin, plus fort, plus haut ? Yes, We can!
· Peut-on relever le défi de l’excellence dans les arts les métiers ? Yes, We can!
· Peut-on réussir le défi de l’excItaliqueellence, de l’inventivité, de la Conception et de Direction ? Yes We can!

Ce beau message, c’est au « Peuple Noir » qu’il est adressé en premier lieu. Les Hommes de ce grand Peuple où qu’ils se trouvent sur la face du globe doivent entendre cette voix et comprendre que ce message, cette « Parole » harangueuse leur est destinée au premier plan. "Cet appel" des « africains d’Amérique » dépasse de loin la modestie et la singularité du "personnage Obama".
Il ne faudrait voir, dans "le personnage d’Obama", rien de plus que celui d’un "bon acteur de cinéma", comme Denzel Washington dans le film Malcolm X ou Wesley Snipes incarnant un personnage politique ou même Morgan Freeman dans de nombreux rôles ou il incarne le personnage du président des Etats-Unis d’Amérique. Barack Obama est la somme de tout ce que la culture afro-américaine a produit depuis le début de sa lutte pour la Liberté et la Dignité : il allie à la fois l’éloquence de Luther King, la dextérité de Malcolm X et la clairvoyance de Jesse Jackson, la témérité de Rosa Park, le génie de Mickael Jackson, les talents de Nat King Cole, de Mickael Jordan, d’Otis Reading, de Jimmy Hendrix, la persévérance de Ray Charles et l’élégance d’Ike.

De la même manière que ces hommes exceptionnels ont démontré leurs "talents" lorsque l’opportunité leur fut offerte dans leurs domaines de prédilections respectifs, Barack Obama a, aussi, fait étalage de tout son "génie" lorsque le parti Démocrate lui a ouvert la voie. Et des "Obama", comme des "Tupac", "Puff Daddy", "Akon", "Hamilton" et j’en oublie, il y’en a des milliers et des milliers parmi ce peuple spécialement touché par la grâce Divine.
Certes, un homme qui réussit à concentrer tous ces « talents » en lui est forcément un « génie » mais il n’ya rien chez Obama qu’on n’ait pas déjà vu chez l’un ou l’autre des différents « leaders de la lutte » du "Peuple Noir": c’est cet éclectisme raffiné qu’on rencontre chez cet homme qui force le respect et l'admiration de tous. A ce titre il mérite largement "l’Oscar" que vient de lui décerner le "Peuple Américain", mais cette fois ci dans toutes ses composantes, pour sa brillante prestation entaméItaliquee dés son premier discours à la convention des Démocrates de l’année 2004.
Cet "afro-américanité là", cette Afrique là, incarnée "at the United States of America by His Excellency Mr President Barack Obama", ce type d’Homme là, c’est le fruit mûr de l’Arbre qui pousse avec « patience et obstination », et qui, jadis, fut planté dans la douleur, au beau milieu de ce « terrain vague », de ce no man’s land que constituait le continent Américain à la fin du XVème siècle, par de BRAVES FILS D'AFRIQUE puis entretenu dans la Souffrance et dans l’Abnégation par "les descendants" de ces braves hommes et de femmes sortis des entrailles profondes de la lointaine Terre d’Afrique.

Et depuis beaucoup de souffrances, de sang, et de larmes a coulé sous les ponts…
Voici venu le Temps du RECUEILLEMENT, pas celui de la JUBILATION ………

Fils impétueux cet arbre robuste et jeune
Cet arbre là-bas (le peuple noir d’Amérique)
Splendidement seul au milieu des fleurs blanches et fanées
C'est l'Afrique ton Afrique qui repousse
Qui repousse patiemment obstinément
Et dont les fruits ont peu à peu
L’amère saveur de la liberté
.

David DIOP, Coups de pilon Présence Africaine, 1956.


M’BACKE N’DIAYE, Bruxelles, le 05/11/2008
baker070703@yahoo.fr http://mbackendiaye.blogspot.com/