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7 octobre 2008

NUL N'EST CENSE IGNORER ....LE FONCTIONNEMENT DES INSTITUTIONS

« Ku fatté li la fal, sa follèku da lay bêtt! » Dixit Wolofnjaay

Mes chers compatriotes savent-ils, seulement, ce qu’est un "régime présidentiel" ?
Connaissent-ils, au moins, les péripéties dramatiques qui ont présidé à son instauration en France et dans les pays qui s’inspirent du système politique et institutionnel français dont notamment le nôtre?
Savent-ils vraiment, mes compatriotes, comment se conçoit "une liste de candidats à la députation" d’un parti politique au moment de s’engager dans "un scrutin majoritaire de liste" lors d’une "élection législative" comme c’est le cas dans notre pays ?
Est-on, sincèrement, en droit de « s’alarmer » à cause de la nouvelle proposition de loi faite par le très controversé président du conseil régional de Matam Mr Sada N’diaye ?
Que reproche-t-on à cette énième tentative de modifier la loi fondamentale de notre pays ? Doit-on en vouloir à l’actuel président de l’Assemblée Nationale face à son "entêtement" à vouloir coûte que coûte se cramponner à son Perchoir contre la volonté de son parti, créant de fait une dyarchie au sommet de l’Etat ? Est-il dans son droit ? Qu’en pense « le peuple libéral » qui avait majoritairement voté en faveur de cette liste ? Que pourrait retenir le peuple sénégalais, au-delà des divisions partisanes de cette persistante crise ?
Ce questionnement est de nos jours fort légitime. Seulement la réponse n’est pas souvent aisée ni toujours à la hauteur de la réputation de notre peuple et de notre pays. Les sénégalais, en effet, ont longtemps été loués pour leur grande culture politique et juridique ainsi que leur forte inclination naturelle à la Démocratie. Cet éloge, naguère fort justifié, est aujourd’hui, à la faveur de l’actualité, durement éclaboussé voire frontalement (pour ne pas dire effrontément!) remis en question. Sinon, comment pourrait-on expliquer ce grand tapage médiatique et cette bruyante « levée de bouclier ethnique » contre un prétendu « scandale politique » qui en réalité n’en est pas un ; Ou du moins pas tel qu’on pourrait se le représenter au vu du traitement particulier que la majeure partie de la presse nationale a choisie de lui réserver.
« L’affaire Maky sall » puisqu’il faut bien lui trouver un nom, continue de défrayer la chronique sans pour autant que l’on sache véritablement pourquoi.
Y’aurait-il réellement péril en "la Maison Sénégal" ? La charpente institutionnelle est elle objectivement menacée par les coups de boutoirs répétitifs des députés Libéraux de la majorité parlementaire ?
La question logique serait normalement : y’a-t-il vraiment de quoi fouetter un chat ? Mais elle ne nous semble pas essentielle; puisque la réponse négative semble couler de source. La bonne question, selon nous, serait de savoir qui est ce « chat » qui, après s’être bien désaltéré de notre « bon et délicieux lait », et avoir réussi à renverser le reste de la bonne bouteille (bleue ?) ou (vert, jaune, rouge?), tente, à présent, de la fracasser pour transformer, en débris de verres dangereux, ce qui naguère lui servit à étancher goulûment et confortablement sa soif ! (De Pouvoir ?)

Sachez, mes chers compatriotes, qu’un régime présidentiel, est un régime dictatorial
Eh oui, aussi paradoxal que cela puisse vous paraitre, la dictature n’est pas toujours antinomique à la Démocratie : (observez bien, chers compatriotes, les comportements de chefs d’Etat tels que : Bush, Sarkozy, Poutine, bref tous les régimes présidentiels). Mais, à la différence de la Tyrannie, qui elle est un autre système de gouvernement sans aucune légitimité démocratique, le régime présidentiel est, quand à lui, une dictature légale, constitutionnelle et démocratique : c’est la dictature des partis politiques! Ou le régime des partis. Or, un parti politique, par définition, est une structure dynamique, une machine de conquête et d’exercice du pouvoir dont le moteur essentiel se trouve être le secrétaire général.
Le gouvernement de parti implique que tous travaillent dans une logique d’équipe sous la direction d’un capitaine : c’est une stratégie d’ensemble orientée et coordonnée par un « bureau politique » dont les règles de fonctionnement sont strictes claires et bien définies. Nulle incartade, nul écart de conduite, nul refus de subordination ou désobéissance ne sauraient être tolérés. Toute dissidence se comprendrait comme une volonté claire de s’auto exclure de la logique implacable de « marche » à laquelle s’auto soumet le parti lui-même pour le règlement de ses affaires.
A l’issue des élections législatives le peuple sénégalais n’a pas confié l’animation de son « haut lieu de représentation » à un individu nommément désigné (in personam) comme le laisserait penser "l’entêtement de Macky" ( is macky a dirty donkey?), mais le peuple souverain a donné à la liste du parti du président de la République, qu’il s’est librement choisi, le moyen de mener sereinement le projet politique sur la base duquel il a reçu le vote de la majorité des suffrages.
Mr Macky Sall n’a pas été élu directement « président de l’Assemblée nationale» par les citoyens sénégalais ; ce sont ses camarades de parti qui l’ont porté à ce poste au sortir d’un vote au sein de l’Assemblée et sur les instructions précises de l’organe de direction du parti et de son chef.
Si, par un concours de circonstances fâcheuses (que la responsabilité de "Macky" soit établie ou non) le torchon brûle entre les membres du parti, il revient logiquement aux instances internes dudit parti d’arbitrer et de trancher le « différend » qui oppose ses principaux éléments en décidant du sort de chacun.
Les activités fractionnistes sont « monnaie courante » au sein des partis politiques du monde entier. (France, Angleterre etc.)
Si Mr Sall n’est pas content du sort que lui a réservé l’instance de décision de son parti, il devrait faire exactement comme tous ceux qui l’ont précédé dans la même situation : Robert Sagna, djibo leyti Kâ, Abdou Rahim Agne, pour le PS ; Modou Diagne Fada, Doudou Ndoye, etc. pour le PDS. La liste est loin d’être exhaustive.
Ces grandes figures de la politique sénégalaise ont toutes saisie l’importance qu’il y’a de bien « comprendre et d’assimiler » le fonctionnement des institutions dans l’ordre étatique. Si pour une efficacité juridique, il est de « bon ton » d’exiger des citoyens "ordinaires" de bien connaitre la loi (nul n’est censé ignorer la loi, nous apprend l’adage bien connu), il est ( argument à fortiori) d’autant plus pressant et essentiel, pour des raisons similaires, que ceux qui aspirent à diriger le pays soient bien imprégnés du mode de fonctionnement des institutions qu’ils sont censés animer pour le compte du peuple.
La fonction de « Président de l’Assemblée nationale » n’est pas une fonction élective à l’échelle de la nation (suffrage universel direct : in personam) : ce n’est que le « premier nom d’une liste » ( tête de liste) concoctée par l’organe dirigeant d’un parti politique sorti vainqueur d’une élection législative nationale. Encore que ce n’est pas toujours le cas : car le parti aurait pu désigner Mr Sall comme premier ministre par exemple et propulser une autre personnalité à la présidence de l’Assemblée Nationale.
Tout cela ressortit de la compétence discrétionnaire du parti et bien entendu de son secrétaire général.
En réalité et contre toute apparence c’est « le refus subjectif et obstiné » de Mr Sall qui constitue la véritable entorse à la « démocratie partisane » (relative aux partis politiques).
Par son comportement irresponsable et indigne l’actuel président de l’Assemblée Nationale Sénégalaise ne cesse d’entraver le fonctionnement normal des institutions de notre République.
C’est ainsi qu’il faut analyser la proposition de loi de Mr N’diaye comme une action positive, salutaireet responsable en vue de "décanter" une situation de plus en plus "gênante" et qui, à coup sûr, permet de fixer un terme à cette « dyarchie de fait » imposée au sommet de l’Etat. On pourrait aussi la comprendre comme une manière de rompre avec l’immobilisme forcé dans lequel nous plonge cette énième crise fomentée dans les couloirs du parti au pouvoir mais qui va à l'encontre de ses propres intérêts. Par conséquent « honni soit qui mal pense de cette heureuse initiative parlementaire » disons-nous tout simplement!
"La constitution d’un Etat" bien que "sacrée" n’est pas pour autant une vulgate figée, elle fixe l’organisation de l’Etat mais démontre aussi l’intelligence et l’efficacité de l’ordonnancement structurel et institutionnel de ses organes.
« Toucher » à la constitution dans le but de corriger des incohérences et imperfections dues à des comportements contraires à son esprit « consensuel et démocratique » est un acte normal et légitime. Et aussi longtemps que des comportements similaires continueront à se produire et qu'il sera toujours question de les "régler" par la seule voie légale et efficace qui s'offre à nous c'est-à-dire « la voie constitutionnelle »nous n'aurons aucun scrupule ou regret à emprunter cette voie pour regler nos comptes avec les "déviants". N’oublions pas qu’il existe de « grandes Démocraties » à l’heure actuelle où il n’existe pas de constitution écrite du tout : c’est par exemple le cas de la Grande Bretagne qui possède une constitution coutumière.
Notre pays se développe, ses institutions aussi, c'est pourquoi "la constitution" doit accompagner ce mouvement de manière à ce que nous puissions transformer « ce droit » en un Droit qui corresponde, le mieux, à nos besoins de cohésion nationale et d'efficacité gouvernementale. Il est urgent de changer notre rapport à "la sacralité du corps" de la "constitution" d'un point de vue historique (il bon de savoir qu'il s'agit d'un legs colonial par conséquent étranger à nos pratiques étatiques et culturelles d'origine) mais aussi d'un point de vue "critique et autocritique" ( esprit progressiste et non stationnaire) en acceptant de l'adapter, de l'améliorer en lui faisant épouser les réalités culturelles et politiques propres à notre pays. La finalité, en agissant de la sorte, est de favoriser la sécrétion et le développement de textes juridiques intrinsèques à la bonne marche de notre jeune Démocratie: c'est en quelque sorte la version "juridique" de l'exception culturelle.
D’autre part la grande particularité de cette crise c’est qu’elle comporte les germes d’un raidissement ethnique aussi indésirable qu’incompréhensible.
Mr Macky Sall n’est-il pas le maire de la ville de « Fatick ? » N’a-t-il pas toujours milité dans cette région ? N’a t-il pas fait tout son parcours politique dans cette région ?
Maintenant, comment expliquez vous, autrement que par « le critère ethnique », que tout « le Fuuta » se dresse contre la proposition de Mr Saada N’diaye en vouant l’auteur de cette proposition à « la vindicte populaire Toucouleur ». Qui peut s’aviser de me fournir une autre explication que celle de "la fibre ethnique" ?
Mr Sall n’a pas été admis au PDS en tant que « Toucouleur » il ne sera pas « viré » du parti et de l’Assemblée Nationale du fait qu’il est « toucouleur »; alors, de grâce, qu’on arrête cette "agitation" et ce « grégarisme ethnique » anachronique et anti constitutionnel : véritable gangrène « institutionnelle » et « politique » de la société sénégalaise.
Voilà, en gros, ce que le peuple sénégalais devrait tirer comme "leçons" par rapport à cette crise inutile et dont on se serait passé bien volontiers si le principal intéressé avait bien compris « à qui » il devait "sa petite présence" en ce si « haut lieu de responsabilité et de dignité étatique».
« Ku fatté li la fal (mba ki la fal), sa follèku da lay bêtt » dixit Wolofnjaay

M’BACKE N’DIAYE
Bruxelles, 07/10/08