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17 août 2008

SOUS L'EMPRISE DU SENSATIONNEL!


Par : M’backé N’diaye

Les français ont choisi hier, par une majorité de plus de 53 % des suffrages exprimés, leur nouveau président de la république. Le degré de légitimité est, reconnaissons le, très confortable. Et ce sera Nicolas Sarkozy qui dirigera leur pays durant les cinq prochaines années. Soulagement pour les uns et naturellement déception pour les autres. Pour Ségolène Royale (la rivale socialiste malheureuse), les lampions se sont certes éteints mais elle a affirmé, du haut du balcon de son QG de la rue Solferino, qu’elle maintiendra la flamme allumée! Convaincue que "quelque chose s’est levée"
Maigre consolation. Car cette compétition-là est ainsi faite, elle ne sacre qu’un seul roi ! Et ce fut Mr Sarkozy : Le chantre du renouveau politique, l’homme qui osa tous les défis. Des yeux doux à l’électorat du front national en passant par ceux du centre alléché de Bayrou ainsi que des pans entiers (traîtres selon le mot même de F. Holland) de la gauche, le discours de celui que tous les français désigneront désormais avec respect (puisque c’est son credo favori), par monsieur le président!, aura convaincu.
On aura tout vu durant cette campagne. Elle nous a tenu en haleine tout le temps qu’elle a duré. Et on en doit beaucoup à la partition de Sarkozy. En dehors des records battus de taux de participation, la ferveur populaire, l’engouement qu’elle a suscité notamment chez les jeunes des banlieues, cette élection-là aura véritablement remis la passion de la chose publique, (dans tous les sens que ce terme peut recouvrir), au goût du peuple français. C’est tant mieux pour la France si elle a choisi de rompre avec la monotonie, en replaçant la politique au cœur de la Cité par un comportement responsable et un projet ambitieux dans lequel se reconnaîtront tous ceux qui mettent d’abord les intérêts de la France au premier plan. Et de ce point vue le discours du nouveau président français aura tenu toutes ses promesses: celle d’abord d’arracher la burka du beau visage des sombres silhouettes de femmes afghanes, celle de maîtriser le flot incessant de l’immigration : (admirez au passage la virulence de la diatribe adressée aux régimes dictatoriaux, responsables de la misère des peuples et de la souffrance des enfants d’Afrique et d’ailleurs), celle aussi de l’engagement résolu pour la poursuite de la construction européenne, de même que celle de renforcer l’alliance outre atlantique en se réservant une dynamique différentielle propre, citons également celle de rétablir l’autorité partout oû ce sera nécessaire en France, sans oublier la promesse d’apporter des remèdes à la vulnérabilité sociale bref tout cela requiert des mesures énergiques et beaucoup de muscles. La certitude de réimplanter l’action au centre l’activité politique est donc acquise. Les inconditionnels des feuilletons à rebondissements trépignent d’impatience, ils seront servi à satiété, gavés même oserait on parier.
On aura du SENSATIONNEL! Et c’est bien. C’est la grande promesse dont on est sûre qu’elle sera tenue. Car elle découle non de son programme politique mais du personnage Sarko. Eh oui ! Du Sensationnel:nous tenons là même le secret de sa victoire. Inutile d’aller rechercher ailleurs une explication au triomphe du nouveau président français: Parler de la politique avec émotion, feinte ou réelle, peu importe ! Personnifier la Nation lui dire qu’on l’aime, qu’on ne la trahisse jamais, lui signifier sa gratitude et sa reconnaissance. Il y a là de quoi tenir les électeurs en haleine. L’astuce est de ne leur laisser aucun répit, de tenir les médias en alerte, de secouer les français, de les sortir de leur torpeur, de dominer le débat politique de bout en bout, pas le temps de souffler afin de cavaler seul en tête des sondages. C’est le triomphe de la politique à l’américaine. C’est la manière Hollywoodienne de faire de la politique. La sensation indicible d’avoir une caméra braquée en permanence sur soi. La France renonce à son combat de l’exception culturelle chère à M. De Villepin. Oh pardon Oser évoquer le souvenir de mammouths fossilisés de l’ère Chirac. Sacrilège! Sorry, please I apologise!
Les paillettes désormais seront associées à la politique française, qui gagne par artifices régnera par éclats. Parallélisme des formes oblige. N’en déplaise aux ascètes et austères imperméables à la décontraction politique. Certains préféreront sûrement le terme décomplexé. Et tant pis aussi si Mitterrand devra se retourner mille fois dans sa tombe ou si Balladur doit en ce moment même remâcher ses mots en maugréant : je vous demande de vous arrêter !
Le jeunisme politique à de belles années devant lui, et on ne sait pas si on doit s’en réjouir ou pas. L’avenir nous le dira. Espérons seulement que d’ici là on ne se sera pas départi de notre sens de l’humour et que nous garderons, tout bonnement, d’aplomb notre bonne humeur
En tout cas les français ont mis à la tête de leur Etat un homme d’action, qui n’hésite pas à aller au chaudron sur tous les sujets brûlants et de risquer d’en revenir avec des séquelles, ce n’est pas le genre de reproche qu’on peut faire à N. Sarkozy. Il a un sens des responsabilités avéré, un courage politique hors du commun et on ne peut pas lui reprocher de n’avoir pas une vision politique.
Il faut maintenant systématiser cette ligne pour lui donner une lisibilité et une clarté suffisantes, à mêmes de lever toute équivoque. Le nouveau locataire du palais de l’Elysée est un libéral pour qui des français de tous bords ont voté (de souche aussi bien que de branchage et de feuillage). Il en est conscient. En tiendra t-il compte ? Ou préférera t-il utiliser les dividendes tirés du discours du renouveau politique, (qui lui a assuré la victoire), à d’autres fins.
Les uns et les autres attendent beaucoup du nouveau président. Et il va sans dire que tous, pendant les cinq prochaines années, n’auront qu’un seul mot d’ordre: ne dormir que d’un œil !
Un nouvel épisode du feuilleton "Sarko" vient de commencer. Il a démarré sur les chapeaux de roues. (Échauffourées, nous dit-on, entres mécontents et forces de l’ordre !) Des palpitations, des halètements et des montées d’adrénaline incontrôlées seront au rendez-vous. Nous ne bouderions pas notre plaisir si l’enjeu n’était pas si….capital !
Sensation quand tu nous tiens….
N’diaye M’backé
Bruxelles, 07/05/07
baker070703@yahoo.fr
0032-487/622.354

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