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17 août 2008

OMBRES ET LUMIERES


OMBRES ET LUMIERES
« L’âpre Chant des Rameurs »

Par M’BACKE N’DIAYE

« Jai demandé souvent
Ecoutant la clameur
D’où venait l’âpre chant
Le doux chant des rameurs

Un soir j’ai demandé aux jacassant corbeaux
Où allait l’âpre chant, le doux chant des Bozos
Ils m’ont dit que le vent messager infidèle
Le déposait tout près dans l’eau
Mais que l’eau désirant demeurer toujours belle
Efface à chaque instant les replis de sa peau
……. »
Le Chant des Rameurs
Birago Diop
Poète sénégalais (1906-1989).


Je me suis, pour ma part, demandé souvent, à propos de Monsieur Souleymane Jules Diop, d’où lui venait l’âpre détermination qu’il met dans le combat qui l’oppose au régime libéral, actuellement en place, dans notre cher pays : le Sénégal.
Je me suis demandé souvent quelle devait être la position des lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs dans l’appréciation honnête et objective des articles (chroniques) et autres prestations médiatiques qu’il diffuse à travers différents canaux (Web, radio, audio, vidéo, papier etc.) et qui traitent du champ politique Sénégalais.
En vain…..
Ce soir, en désespoir de cause sûrement, je me permets de l’interpeller, à travers le "Web" qui, contrairement au "Vent" est un Messager fidèle! Peut être aurai-je, enfin, réponse à mes interrogations!
Je me suis demandé souvent, je vous l’ai déjà dis, quel était l’intérêt et pourquoi persiste-t-il à garder, jalousement, sa « qualité » de Journaliste quand il parle ou traite de la question politique au Sénégal?
Je me suis demandé souvent si ce n’était pas plus honnête, de sa part, de dévoiler (au sens propre comme au figuré) sa face d'opposant politique au régime libéral démocratiquement élu (officiel!)
A mon humble avis, cela lui donnerait plus de crédibilité car ce serait un signe tangible qu’il ne confond pas tout à tout! (La déformation professionnelle ne saurait être invoquée comme excuse!)
Je trouve, personnellement, qu’il possède un talent certain dans la maîtrise de l'écriture : le chatouillis du verbe et la transparence du raisonnement; encore que tout ce qui est mordant ou croustillant ne soit pas systématiquement vrai!
Reconnaissons lui, aussi, une perspicacité assez tranchante dans l'abord des thèmes et sujets qu’il traite (tout ce qui fait la différence! et qu’on est en droit d’attendre du bon Journaliste!), mais les relents d'opposant politique sont très forts dans ses articles et autres productions, par conséquent sapent sérieusement sa crédibilité en tant que Journaliste.
Dans sa démarche, le journaliste est tenu au respect de certaines règles déontologiques, d’une exigeante éthique patriotique et d’une stricte légalité républicaine afin de satisfaire un objectif d’information juste et équilibrée du public. Il le sait mieux que moi, n’est ce pas?
Très amicalement, je lui suggère d'être plus réaliste : la Realpolitik a ses avantages ﴾même si Mr Diop sait, aussi, en mesurer les inconvénients) et de ne pas craindre de dire qu’il prend part au « contentieux politique» avec délectation et rage en tant qu'acteur politique car le Journaliste, lui, est un arbitre du « jeu politique » il ne prend pas part au « lynchage politique! » Je ne dis pas « lynchage médiatique », ce qui est fort différent.
Je m’explique!
LE LYNCHAGE (Soot ou Sootsotoo en sénégalais) suggère, comme à l’origine, l’idée d’un groupe homogène (gènes?) qui s’attaque à un autre, qui est différent de lui, qui n’est pas lui! Exemple : des blancs qui lynchent un noir ou un indien ou l’inverse.
Nous ne raisonnons pas ici sur la moralité ou non d’une telle pratique, il s’agit d’une simple description phénoménologique d’un fait social observable.
-Qu’une corporation, un groupe ou une personne «es qualité», un journaliste en l’occurrence, s’attaque au «fait politique», quoi de plus normal! Mais qu’il se substitut aux acteurs politiques et interfère dans le processus de production du « fait politique », me semble inapproprié et anormal. C’est une intrusion coupable dans un domaine réservé aux élus ayant reçu mandat pour s’exprimer aux noms de ceux qui les ont élus ou destiné à des personnes ayant obtenus une part plus ou moins représentative du suffrage des citoyens légitimant de ce fait leurs prises de positions dans l’arène politique nationale ou internationale. (Partis politiques légalement constitués, Syndicats, Groupes de pressions(Lobbies), Pétitions, affiliations importantes etc.)
Le « journaliste politique » a pour rôle de suivre, d’évaluer et de diagnostiquer ce rapport. Le sujet ne doit pas se confondre à l’objet. C’est un préalable, sans doute, élémentaire mais, tout de même, incontournable sous peine de fausser le jeu en déréglant le système. Ce dérèglement mène très certainement au chaos : Moralité : le chaos ne profite à personne! Moralité de la moralité, le chaos nuit à tous!
C’est le travail du Journaliste, cependant, que de décrire, d’analyser et de commenter, à son aise, ce qui se déroule dans « le champ politique » et pas seulement ! C’est à cela que consiste la tâche et la fonction du journaliste : restituer, fidèlement, au public ce que « l’activité politique » et sociale produisent quotidiennement.
La Presse, et donc, le journaliste est un acteur du système institutionnel global d’une entité donnée : les institutions (matérialisées ou non) dans l’ordre étatique.
A l’image d’un arbitre dans un match de football, Le journaliste ne doit pas faire de « l’activisme politique » à l’intérieur du champ qu’il est censé analyser : le sacro-saint principe de neutralité le lui interdit.
Voilà, succinctement, les contours balisés du quatrième POUVOIR que constitue la Presse. Toute autre velléité ou revendication doit s’expliquer, se justifier et se légitimer ; et ce n’est pas inutile de rappeler, à ce stade, que la liberté de chacun s’arrête là ou commence celle des autres .C’est un vieil adage tant de fois martelé mais, hélas, peu de fois bien intériorisé par tous.
Quel amateur de football, par exemple, ne serait pas scandalisé de voir l’arbitre d’un match s’emparer volontairement du ballon pour aller marquer un but dans l’un ou l’autre camp! Ou même de suggérer manifestement à l’un ou l’autre joueur d’une équipe donnée, de se laisser tomber dans la surface de réparation du camp adverse pour lui accorder un penalty, offrant ainsi à une équipe, l’opportunité d’avoir un ascendant sur son adversaire ?
Il est évident qu’aucun amoureux de ce sport ne tolérerait une telle entorse aux règles du « jeu » et que tous (les deux camps bien sûr!), se rebelleraient contre de tels manquements à la loi et à l’esprit de compétition sportive (Huées, jets de pierres et autres objets à portée de mains…).
C’est pourtant le comportement constant qu’adopte Mr. Diop à l’intérieur du « champ politique » national qu’il est censé contribuer à réguler : il participe au lynchage entamé par la «classe politique» avec ses atours de journaliste ! Oubliant qu’il n’en faisait pas partie!
C’est le lieu, à présent, de faire la part entre plusieurs concepts qui, pour être voisins, n’en sont pas pour autant différents, et méritent, de ce fait, d’être éclaircis afin qu’il ne subsiste plus, dans l’entendement d’aucun de nous, la moindre possibilité de confusion ou d’amalgame.
-Nous aimons et soutenons l’arbitrage impartial, par la presse, du jeu politique ! Car l’arbitrage impartial c’est bien, c’est beau et c’est utile ; il se déroule en fonction de règles strictes, connues par avance de tous. C’est ce que nous chérissons car c’est cela le Civisme.
-L’immixtion partisane, de la Presse, dans la compétition politique nous l’abhorrons, le pourfendons et le condamnons sans réserve, sans compromission aucune, car c'est mal, c’est moche et c’est inutile de la part d’un Journaliste. C’est une ingérence fautive qui crée une forme de vandalisme menant directement à la dilution des frontières et au final favorise l’instauration d’un climat d’anarchie.
Le Vrai Journaliste n’est pas un anarchiste (Antiautoritaire) c’est une tautologie que de le dire mais au point ou en sont les choses avec Mr Diop, je me vois obligé d’en arriver là!
L’investigateur politique ne s’implique pas dans la mêlée il est au dessus du cambouis, il refuse de travestir sa vocation, de prostituer son art au profit de je ne sais quel Altesse politique
Le journaliste digne de ce nom doit éviter ces travers et ces tentations. Il doit rester constant dans le respect du choix qu’il a opéré librement, clairement et qu’il peut abandonner tout aussi vite et tout aussi librement à tout moment! Mais il ne doit plus, le cas échéant, se réclamer de cette noble et nécessaire profession.
Le choix est donc libre à la condition qu’on s’en tienne à l’une ou l’autre option. On ne peut tolérer qu’un journaliste passe inconsidérément d’une situation à l’autre en bafouant les règles de précautions les plus élémentaires (La déontologie).
-Soit on est Journaliste, et Mr. Diop en a sûrement les aptitudes, je n'en doute pas une seconde, je dirais même qu’il est assez doué pour cela. Il doit par conséquent s’en tenir à faire son job et basta !
-Soit alors on est opposant politique, ce qui est tout aussi gratifiant, légal et légitime pour tout citoyen soucieux du mieux être de son peuple et c’est probablement le cas de Mr. Diop, il doit dans ce cas, également, en assumer complètement, toutes les conséquences en toute responsabilité.
Pour avoir mis en lumière les risques et les dangers de la démarche de Mr. Diop (confusion des rôles : activisme politique et journalisme politique), je lui recommanderais de mettre fin à ce jeu de duplicité : ombres et lumières par ce que ce n'est pas de « bonne combine » pour lui, et il n’en tirera pas davantage un meilleur «parti »; le pire est que ce n'est même pas glorieux vis à vis de ceux qui l’aiment et le respectent (j'espère qu’il me comptera du nombre de ceux la)
A présent qu’il connaît mon ambition pour lui, je me permets de l’apostropher en ces termes :
-VOUS N'ETES PAS UN POLTRON, vous ne les piffez certainement pas! La couardise, n’en parlons même pas! Je le sais! Je le sens!
-De grâce, ne vous cachez plus derrière ce bel habit de Journaliste (neutralité oblige!) pour poser des actes qui ne sont rien d'autres que ceux d'un banal mais non moins brave opposant!
-Vous en avez et le droit, et la liberté et l’étoffe. Exercez ce rôle d’opposant à visage découvert, en pleine lumière, comme tout bon citoyen.
-Cependant si votre « qualité » de journaliste vous tient particulièrement à cœur au point que vous ne puissiez pas vous en passer, eh bien, comme direz l’autre, affublez-la de l’épithète « engagé !» ou « militant !» Ça a existé des « journalistes militants !» ou des « journalistes engagés !», ça date d’une époque révolue mais cela a bel et bien existé dans un passé plus ou moins récent. La plupart d’entre eux finissaient, dans bien des cas, d’ailleurs, par occuper le « ministère » de l’information ; après le triomphe de leur cause…bien attendu!
-Allez ouste! Ne restez plus caché, sortez de l’ombre, dites-nous à quoi vous vous engagez et pour qui vous militez. C’est beaucoup plus confortable pour tous : la pénombre ne sied à personne!
-Ramez toujours, tel un galérien, si le cœur vous en dit! Mais faites-le « au vu et au su de tout le monde » sous la carapace partisane de votre choix! Et n’avilissez plus, celle neutre, du Journaliste et de la Presse de manière générale.


« Laqatu, ku bañ ñu giss la wala ñu xam’mal la moo koy def »
« Et depuis je comprends
Ecoutant la clameur
D’où venait l’âpre chant
Le doux chant des rameurs.
Le Chant des Rameurs
Birago Diop
Poète sénégalais (1906-1989).

GEN’N FEEÑ, BIND FEEÑ, WAX FEEÑ, BOKK FEEÑ (Les Assises?)
M’BACKE N’DIAYE
Bruxelles, 02/07/08
0032-487/622.354
Woeringen, 08
1000 Bruxelles
Belgique

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